Hélène
B. (Septembre 2002)
Je
suis la maman de Mathieu et Chloé.
Nous
avons tous trois été invités à passer l’après-midi chez des amis. Ils
venaient d’installer dans leur jardin une piscine hors-sol (hauteur 1,20 m).
Cette piscine était à l’origine munie d’une échelle en bois prévue pour
être fixée à la piscine (inamovible). Pour la rendre amovible, le propriétaire
l’a lui-même bricolée avec ses propres moyens.
Nous
nous baignons tous ensemble: Mathieu, moi, les 2 parents et leurs enfants.
Je sors de la piscine avec Mathieu, pour m'occuper de Chloé. Notre ami
sort ensuite avec un enfant. Sa femme en fait de même un peu plus tard avec
ses deux aînés.
Nous
nous sommes tous retrouvés à l’intérieur de la maison. Nous goûtions près
de la porte fenêtre qui était ouverte sur le jardin clos. Mathieu (3 ans et
demi) se trouvait près de nous. Quelques instants plus tard, je me suis aperçue
de son absence. Je suis alors immédiatement sortie pour aller le chercher. Ne
le trouvant pas tout de suite, je me suis dirigée, à tout hasard et sans y
croire, vers la piscine.
L’échelle
n’avait pas été enlevée.
Mathieu
s’est trouvé attiré par des jeux d’eau.
Une
lourde réanimation, un cœur qui repart mais peu d’espoir.
Il
était déjà beaucoup trop tard.
Depuis,
nous traversons les moments terribles du deuil avec le manque incessant et la
douleur de voir grandir Chloé sans Mathieu.
Nous
sommes handicapés à vie.