Docteur
Florence D. (Octobre 2000)
Mon
fils Thomas, âgé de trois ans, s’est noyé le 18 Août 2000 dans une piscine
privée. Il est actuellement hospitalisé en rééducation fonctionnelle. Il présente
des lésions anoxiques cérébrales irréversibles.
Il
ne voit pas, ne parle pas, ne sourit pas et ne marchera probablement plus
jamais. Son handicap sera très lourd mais involuera, je l’espère, sur des
années. L’accident a eu lieu en Dordogne alors que nous nous trouvions chez
des amis depuis 48 heures, nous étions 10 adultes et 13 enfants dont le plus âgé
avait 6 ans et demi (le seul à savoir nager).
La
piscine était « protégée » par un volet roulant hermétique sans
barrière autour, dont la fermeture était commandée par un interrupteur électrique
situé à l’intérieur de la cuisine. Cette dernière était accessible de la
piscine par une porte constamment ouverte.
Le
drame a eu lieu vers 14h45 alors que les adultes mangeaient et que les enfants
jouaient devant eux. La piscine se situait à 50 mètres environ ; pour y
accéder, il fallait traverser une aire caillouteuse de 30 m² et escalader une
colline. Bien sûr, le volet roulant n’était pas déplié et ce malgré un
adulte nommé « responsable » de la piscine et la présence d’une
pédiatre sur les lieux. Thomas a été réanimé pendant 20 minutes avant
l’arrivée du Samu.
Notre
vie a basculé ce jour-là et je tiens par mon témoignage à soutenir
l’action de SAUVE QUI VEUT visant à réglementer et rendre obligatoire la
barrière de sécurité autour des piscines privées.